L’histoire : Jonathan Wachsman, peintre américain riche et célèbre, décide à l’occasion d’une exposition à Londres, de retrouver la muse qui lui a plus ou moins donné envie de débuter sa carrière. Sur les terres de son grand amour, la réalité fait face. Le héros est exaspéré par le mari ronchon qui n’a absolument pas les mêmes perceptions de la vie que lui. Les blessures du passé refont surface. Viennent alors les reproches, regrets et autres sensations d’inachevé vécues par nos héros.
La critique : Avec un voyage dans l’espace et dans le temps, Donald Margulies nous offre une merveilleuse occasion de nous pencher sur les rapports humains, divers et variés. Tout est abordé ou presque : le couple, l’argent, la relation entretenue avec le succès, les remords ou encore les regrets. Rien n’échappe à cet homme talentueux de 53 ans.
Lors d’une exposition, Jonathan accorde une interview à une journaliste qui réussit, en l’importunant, à faire ressortir de nombreuses blessures enfouies dans le cœur de l’artiste. L’identité juive entre alors en jeu. On réalise que
la Shoah
est présente dans l’œuvre de ce nouveau maître de l’art contemporain. De nombreux tableaux dévoilent l’âme blessée du peintre ayant perdu de nombreux parents dans l’Holocauste. Cette souffrance est également révélée par une certaine paranoïa qui émerge dès que l’on aborde le thème de l’identité juive.
Autre sujet exposé, la peur de l’assimilation qui apparaît aux yeux de notre futur peintre comme un outrage à sa famille, à son identité, et à sa religion.
Côté jeu, les acteurs incarnent avec délicatesse et justesse les contradictions humaines qui construisent leurs personnages.
Jean-Pierre Lorit, en peintre tourmenté, réussit à nous plonger dans les errements du héros. Jean-Pierre Malo, en mari ronchon, arrive à exposer justement les peines et les incompréhensions de son personnage. Elodie Navarre, la journaliste allemande incarne le « monde extérieur » et met en scène les incompréhensions qui peuvent exister à l’égard d’un certain « ressenti juif » qui peut être comparé à de la paranoïa. Enfin, Barbara Shultz, faisant preuve d’une légèreté et d’une rigueur profonde donne de la vie à la mise en scène signée Michel Fagadau. Cette dernière, dans des décors clairs et épurés, illumine l’histoire et les personnages. Allez-y « en toute confiance ».
En bref : En toute confiance de Donald Margulies
Adaptation et mise en scène de Michel Fagadeau
Comédie des Champs-Élysées. Du mardi au samedi 21h, samedi et dimanche à 16h30
Tarifs jeunes -26ans : 10€ du mardi au jeudi selon disponibilités.