Mardi 10 novembre 2009 2 10 /11 /Nov /2009 22:53

Dieu est un homme comme les autres, et c’est pour ça que nous L’aimons, à moins que ce ne soit exactement l’inverse... C’est ce que semble nous dire Shalom Auslander dans son nouveau recueil "Attention, Dieu méchant" : quatorze nouvelles où Il se montre tour à tour impuissant, découragé, blasé voire cynique devant Sa création.

Shalom Auslander veut nous en convaincre : Dieu a crée l’homme – ou plutôt le juif new-yorkais – à son image. Par ricochet, Il est donc lui-même plein de contradictions et de fatalisme.

Les nouvelles sont assez drôles, et se lisent facilement : la bataille des golems, discutant pendant des heures de l’intention de leur créateur, est par exemple assez savoureuse ! Mais l’ensemble est finalement assez convenu : quoi de plus politiquement correct que de taper sur Dieu aujourd’hui ? Et d’abord, peut-il se défendre ? L’imagination est là, la légèreté aussi, mais plutôt que de comparer avec Woody Allen, on pense à une variante américaine de Bernard Werber : des nouvelles sans grande originalité qui rappellent celles de « Paradis sur mesure ». On a l’impression de les avoir déjà lues, mais on passe un bon moment quand même !


Emmanuel R. 

Le conseil : attendez la sortie en poche, ou empruntez-le à votre voisin...

En bref : Attention, Dieu Méchant, de Shalom Auslander, Editions Belfond.

 

Par UEJF Art & Culture - Publié dans : Livres
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 5 novembre 2009 4 05 /11 /Nov /2009 22:25

 

En 1950, la philosophe juive Hannah Arendt (Elsa Zylberstein) retrouve son professeur et ancien amant Martin Heidegger (Didier Flamand). Alors qu’elle a dû fuir l’Allemagne pendant la guerre, lui a soutenu dès 1933 le national-socialisme. Leurs retrouvailles, historiques et intimes, sont le point de départ de la pièce d’Antoine Rault, « Le Démon de Hannah ». Que peut dire celle qui travaille sur « Les origines du totalitarisme » à celui qui a servi de caution au régime nazi ? Que reste-t-il de leur amour, passionné et caché, après plus de 15 ans ?

Entre les deux personnages principaux, si le dialogue philosophique est un peu présent, c’est surtout à une querelle de vieux amants que nous assistons. Hannah reproche en pleurant à Martin son abandon, tandis que lui se réfugie dans une position d’incompris, dont les mensonges seront mis à jour... par sa femme. Là où Martin cherche à justifier ses faux pas, Elfriede Heidegger (la oignante Josiane Stoléru) assume seule les idées nazies du couple : « Vous ne pouvez pas me comprendre, vous êtes juive ! »

Heinrich, le compagnon new-yorkais d’Hannah (joué par Jean-Marie Galey), est remarquable dans le rôle de l’intellectuel communiste désabusé, qui soutient sa compagne... mais de loin.

Au final, on regrettera tout de même que l’histoire d’amour prenne le pas sur l’Histoire et les idées philosophiques, qui pourtant auraient pu rendre cette pièce bien moins banale.


Emmanuel R. / Joanna B.

 

En bref : le démon de Hannah, Antoine Rault, jusqu’au 31 décembre à la Comédie des Champs Elysées, Paris 8eme

 

Par UEJF Art & Culture - Publié dans : Théâtre
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 4 novembre 2009 3 04 /11 /Nov /2009 22:44

Andreï Filipov, chef d’orchestre du Bolchoï à Moscou, a été licencié en pleine gloire pour avoir refusé de se séparer de ses musiciens juifs à l’époque de Brejnev. Trente ans plus tard, il travaille au Bolchoï comme homme de ménage. Il intercepte un jour un fax du théâtre du Châtelet, qui lui donne l’idée folle de reconstituer son ancien orchestre... Radu Mihaileanu, réalisateur de « Va, vis et deviens » et « Train de vie », signe de nouveau une belle histoire d’usurpation d’identité, drôle et très touchante.

 

En bref : Le Concert, de Radu Mihaileanu, sortie en salles le 4 novembre

Par UEJF Art & Culture - Publié dans : Cinéma
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 4 novembre 2009 3 04 /11 /Nov /2009 11:23
Voici en exclusivité les vidéos de la sortie du 15 octobre : GOLEM au nouveau Casino !! Regardez bien... c'est bien nous qui dansons la Hora... et pour cause, les étudiants de l'UEJF étaient 32 à ce concert !!
Enjoy... rendez-vous au prochain événement !

Par UEJF Art & Culture - Publié dans : Sorties
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 3 novembre 2009 2 03 /11 /Nov /2009 11:38

La Contrevie, c’est un peu « le judaïsme en 452 pages », la littérature en plus. Jugez plutôt : controverses, vie de famille, disputes, questions existentielles, débats enflammés, traditions et rébellion, mauvaise foi, sexe, controverses, amour, humour, mélancolie, controverses, nostalgie et exagérations… Ca vous rappelle quelque chose ? En tout cas, ce livre, c’est un concentré de tout cela. Et plus encore.

Philip Roth l’a écrit en 1986, mais, si tant est qu’on puisse dire cela d’un livre, il n’a pas pris une ride. On y retrouve Nathan Zuckerman, le double de l’auteur, qui, dans une mise en abyme plus construite qu’on ne pourrait le croire au premier abord, est lui-même écrivain. Au début de l’histoire, son frère, un dentiste marié bien sous tous rapports, décide de subir une chirurgie cardiaque dangereuse. Pourquoi ? Afin de ne plus être dépendant des médicaments, qui l’empêchent de profiter des charmants appâts de son assistante et maîtresse…

Mais ce qui pourrait sombrer dans la fable scabreuse reste finalement parfaitement convenable, malgré certaines phrases qui feront tout de même se détourner les yeux chastes... Et l’histoire, assez basique dans le fond, permet à la plume magistrale de Roth de s’envoler de Londres à Bâle, en passant par New-York et Jérusalem. Au passage, on aura pu assister à des enterrements, un mariage, des actions anti-terroristes et des controverses (les voilà, donc) sur la vie des Juifs en Israel ou ailleurs. On n’arrive bientôt plus à faire la part des choses entre réalité et nombreux niveaux de fiction, et la proximité entre les situations de l’époque (il y a 23 ans !) et celles d’aujourd’hui vous feront réfléchir et même frémir...

Les émotions ne sont cependant pas en reste, et malgré un temps d’adaptation aux fantaisies scénaristiques, on se prend à revenir en rêve aux côtés d’une galerie de personnages qui ne laissent pas de marbre. Et, prouesse assez rare pour être signalée, certains passages sont véritablement drôles.

Alors, la prochaine fois que vous verrez quelqu’un invectiver un livre en donnant des conseils en Yiddish aux personnages, pensez à rentrer, vous aussi, dans l’immense famille Zuckerman.

 

Laure A.


En bref : La Contrevie, Philip Roth, Folio 4382

Par UEJF Art & Culture - Publié dans : Livres
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Edito

Bienvenue sur le site de l'UEJF Art & Culture pour découvrir nos coups de coeur, nos critiques, nos réducs et nos sorties !

N'hésitez pas à donner votre avis dans les commentaires et si vous souhaitez faire partie de l'équipe, faites-le nous savoir sur uejfac (at) gmail.com !

Bonne lecture et à bientôt pour nos prochaines sorties...

Tout l'équipe Art & Culture.

Coup de Coeur

W3C

  • Flux RSS des articles

Sélection musicale


Recherche

Catégories

Recommander

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés